Le 13 août 2026, Naver WEBTOON annonce la fermeture coordonnée de trois sites anglophones qui diffusaient illégalement des webtoons et des mangas. L’opération, menée avec le ministère sud-coréen de la Culture, INTERPOL et des autorités d’Afrique du Nord, a entraîné des arrestations.
Naver WEBTOON, le MCST et INTERPOL ferment trois sites anglophones piratés
La notification officielle date du 13 août 2026, et précise que l’action est le résultat d’une enquête conjointe menée par Naver WEBTOON et le Ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme (MCST) de Corée du Sud. Les autorités ont indiqué que la procédure judiciaire a été appuyée par INTERPOL pour assurer la coopération internationale.
Les communiqués n’ont pas révélé les noms des plateformes, mais ont confirmé que les sites étaient anglophones et visaient principalement les marchés occidentaux. Les opérateurs de ces sites ont également été arrêtés.
Un groupe nord-africain visait États-Unis, Europe et marchés occidentaux
Les trois plateformes étaient exploitées par un même groupe basé en Afrique du Nord, d’après les informations partagées avec les autorités sud-coréennes. Le groupe ciblait explicitement les publics des États-Unis, de l’Europe et d’autres marchés occidentaux par des versions traduites.
Les sites proposaient des traductions non autorisées et des scans réalisés à partir des versions officielles, contournant les plateformes légales sur lesquelles ces œuvres sont publiées.
Plus de 300 webtoons scannés et 130 millions de visites annuelles
Selon les estimations de Similarweb, ces trois sites ont cumulé plus de 130 millions de visites par an, dont plus de 20 millions au cours des trois derniers mois. Le collectif pirate avait scanné et traduit illégalement au moins 300 titres populaires de la plateforme.
Ce volume d’audience donne la mesure du phénomène : le piratage de webtoons fragilise un modèle économique fondé sur la lecture par épisodes, souvent payante au chapitre.
Arrestations et coopération judiciaire entre Corée du Sud et pays d’Afrique du Nord
Cette action s’inscrit dans une offensive plus large : en juin 2026, le gouvernement sud-coréen avait annoncé une campagne internationale contre le piratage de webtoons, visant notamment l’opérateur du site Newtoki.
La Corée du Sud a par ailleurs accueilli en juin 2026 une réunion internationale de groupes de travail consacrée à la lutte contre le piratage, signe de la structuration progressive de cette coopération.
Impact sur les créateurs et perspective commerciale
Le montant exact du préjudice n’a pas été communiqué. L’ampleur de l’audience et le nombre de titres concernés en donnent toutefois un ordre de grandeur.
Plusieurs procédures récentes ont déjà abouti en Corée du Sud, avec des peines de prison prononcées contre les opérateurs de sites comme OKToon ou NunuTV, ce qui fait de ce dossier un précédent supplémentaire à l’échelle internationale.
En mai 2026, un important site de piratage espagnol avait déjà été fermé à l’issue d’une action conjointe entre des entreprises coréennes de webtoons et les autorités espagnoles, sur un schéma comparable à celui employé cette fois en Afrique du Nord.

